DNS Jumper : changer de résolveur DNS sous Windows

DNS Jumper est un utilitaire gratuit et portable, édité par Sordum, qui remplace en deux clics les serveurs DNS déclarés sur une carte réseau Windows. Il ne touche ni à votre adresse IP publique ni aux serveurs de noms d'un domaine : il change seulement le résolveur que votre machine interroge.

Ce que DNS Jumper écrit réellement sur votre machine

L'outil écrit deux adresses IP dans les propriétés TCP/IPv4 de la carte réseau que vous avez sélectionnée, au même endroit que si vous étiez passé par le Centre Réseau et partage de Windows. Rien d'autre ne bouge. L'archive pèse quelques centaines de kilo-octets, ne s'installe pas, et réclame les droits administrateur puisqu'elle modifie la configuration d'une interface.

C'est un raccourci, pas une couche technique en plus.

L'intérêt se situe ailleurs que dans le nombre de clics économisés : l'utilitaire sauvegarde la configuration d'origine avant d'écrire la nouvelle, embarque une liste préremplie de résolveurs publics, et vide le cache de résolution dans la foulée. Sur un poste de dépannage où vous testez quatre ou cinq résolveurs en dix minutes, ça se sent.

  • Édité par Sordum, gratuit, portable, Windows uniquement (aucune version macOS, Linux ou Android)
  • Sauvegarde et restauration des serveurs DNS précédents
  • Vidage du cache de résolution, équivalent de ipconfig /flushdns
  • Choix de l'interface : une carte à la fois, ou toutes
  • Aucun chiffrement du trafic, aucune modification de l'adresse IP publique

Le test « Fastest DNS » mesure une latence, rien d’autre

Le test envoie une requête vers chaque résolveur de la liste et chronomètre la réponse. Vous lisez des temps en millisecondes, souvent entre 5 et 60 ms depuis une fibre française. Ce classement vaut pour votre position, votre opérateur, cet instant précis. Relancez-le à 21 h, l'ordre bouge.

Un résolveur à 8 ms ne rend pas vos pages plus rapides de 8 ms.

La résolution ne pèse qu'une fraction du temps de chargement, et la réponse reste en cache tant que le TTL annoncé par la zone n'a pas expiré, soit couramment 300 à 3600 secondes. Sur une page qui sollicite huit domaines tiers, le gain se compte en dizaines de millisecondes au premier appel, puis en rien du tout ensuite. Ce qui se joue vraiment dans le choix d'un résolveur : le filtrage des domaines malveillants, la politique de journalisation, et le fait de recevoir un vrai NXDOMAIN au lieu d'une page de recherche sponsorisée.

RésolveurIPv4 primaireIPv4 secondairePoint à connaître
Cloudflare1.1.1.11.0.0.1DoH disponible sur https://cloudflare-dns.com/dns-query
Google Public DNS8.8.8.88.8.4.4Aucun filtrage de contenu
Quad99.9.9.9149.112.112.112Bloque les domaines signalés comme malveillants
OpenDNS208.67.222.222208.67.220.220Filtrage par catégories, avec un compte
FDN80.67.169.1280.67.169.40Résolveur associatif français, sans filtrage

Résolveur, adresse IP publique, serveurs de noms : ne pas confondre

Changer de résolveur, c'est changer l'annuaire que votre machine interroge. Votre adresse IP publique reste celle de votre opérateur, votre trafic n'est pas chiffré, et les sites visités voient exactement la même chose qu'avant. La requête DNS elle-même part en clair en UDP sur le port 53 tant que rien d'autre n'est activé, conformément au protocole décrit par la RFC 1035. Pour la chiffrer, il faut DoH (RFC 8484, port 443) ou DoT (RFC 7858, port 853), et ça se règle dans Windows 11, dans le navigateur ou sur le routeur, jamais dans DNS Jumper.

Deuxième malentendu, plus coûteux quand vous gérez un domaine. Les « serveurs DNS » que vous renseignez chez un registrar, ce sont les serveurs de noms (NS) qui font autorité sur la zone. Aucun utilitaire posé sur votre PC ne les modifie : ça se passe dans l'interface du registrar, et ça se vérifie avec dig NS exemple.fr +short ou par une interrogation WHOIS. Le fameux délai de propagation n'est rien d'autre que l'expiration des TTL chez les résolveurs du monde entier.

Quant au cavalier de carte mère, le jumper matériel, il n'a aucun rapport avec le sujet.

Le changement ne prend pas : par où chercher

Symptôme classique : vous appliquez 9.9.9.9, vous relancez le navigateur, et les requêtes continuent visiblement de passer par la box. Dans la plupart des cas, la carte modifiée n'est pas celle qui porte le trafic.

  • Interface active : ipconfig /all indique laquelle possède une passerelle par défaut. Configurer l'Ethernet pendant que le Wi-Fi travaille ne produit aucun effet.
  • VPN en place : WireGuard, OpenVPN ou un client d'entreprise poussent leurs propres résolveurs et écrasent ceux de la carte le temps de la session.
  • Le navigateur fait bande à part. Firefox et Chrome peuvent envoyer leurs requêtes en DoH vers leur propre résolveur sur le port 443, sans consulter le réglage Windows.
  • Poste joint à un domaine Active Directory : y mettre un résolveur public casse la résolution des noms internes, les partages et parfois l'ouverture de session. C'est la panne qu'on retrouve le lundi matin après un dépannage du vendredi.
  • Cache encore chaud : ipconfig /flushdns côté système, chrome://net-internals/#dns côté Chrome.

Faire la même chose sans rien installer

Windows sait le faire nativement, et c'est scriptable : netsh interface ip set dns name="Wi-Fi" static 1.1.1.1 puis netsh interface ip add dns name="Wi-Fi" 1.0.0.1 index=2. En PowerShell, Set-DnsClientServerAddress -InterfaceAlias "Wi-Fi" -ServerAddresses 1.1.1.1,1.0.0.1 produit le même résultat, et le paramètre -ResetServerAddresses rend la main au DHCP. Sur macOS, networksetup -setdnsservers Wi-Fi 9.9.9.9. Sur une distribution qui tourne avec systemd-resolved, resolvectl dns wlan0 9.9.9.9.

Reste la méthode qui couvre tout le réseau d'un coup : renseigner le résolveur dans le serveur DHCP de la box ou du routeur. Chaque appareil le récupère au renouvellement de son bail, y compris les téléviseurs et les objets connectés qui n'exposent aucun réglage réseau.

Sur un parc, un exécutable de plus n'apporte rien.

Testez vos connaissances

Quiz rapide Question 1 sur 3

Que modifie DNS Jumper ?

Questions fréquentes

DNS Jumper est-il un virus ?

Non, mais un exécutable portable qui réclame les droits administrateur et réécrit la configuration réseau coche plusieurs cases des détections heuristiques : une remontée d'antivirus ou un écran SmartScreen sont possibles. Le risque réel se situe ailleurs, du côté des sites de téléchargement qui reconditionnent l'archive avec leur propre installeur. Prenez-la chez l'éditeur, sordum.org, pas sur un agrégateur.

Changer de DNS accélère-t-il la connexion ?

Le débit ne bouge pas d'un bit. Ce qui peut s'améliorer, c'est le délai avant le premier octet quand votre résolveur d'origine répond lentement ou sature aux heures de pointe. Sur une ligne saine, comptez quelques dizaines de millisecondes au premier accès à un domaine, puis plus rien tant que le cache tient.

Est-ce que ça change mon adresse IP ou me rend anonyme ?

Ni l'un ni l'autre. L'adresse IP publique dépend de votre opérateur, pas du résolveur interrogé. Et tant que vous restez en UDP sur le port 53, votre opérateur voit toujours passer les noms demandés. Masquer l'adresse relève d'un VPN ou d'un proxy, sujet différent.

Ça permet d’accéder aux sites bloqués en France ?

C'était la réponse d'il y a quelques années, quand les blocages judiciaires ne visaient que les résolveurs des opérateurs. Depuis 2024, des décisions du tribunal judiciaire de Paris ont étendu ces obligations à des résolveurs alternatifs comme Cloudflare, Google et Cisco. Le contournement par simple changement de DNS fonctionne donc de moins en moins, et il ne masque toujours pas votre adresse IP.

Il existe une version macOS, Linux ou Android ?

Non, l'utilitaire est écrit pour Windows et s'appuie sur les API réseau du système. Ailleurs, la ligne de commande native suffit (networksetup, resolvectl). Sur Android, le réglage « DNS privé » du système accepte directement un nom d'hôte DoT, par exemple one.one.one.one pour Cloudflare ou dns.quad9.net pour Quad9.

À lire aussi

cloudflare dns 1 1 1 1 · commande dig · changer adresse ip · cache

Newsletter

Recevez nos guides IP & réseau

Nouveaux outils, définitions et astuces sécurité, directement par email. Pas de spam, désinscription en un clic.