Investigation numérique avec WHOIS : techniques pour experts en sécurité
Contexte et problématique Un domaine suspect remonte dans votre file d'alertes à 8 h 40. Une page de connexion bancaire,…
28 octobre 2026Votre adresse IP publique :
Collez une adresse IP (IPv4 ou IPv6), un numéro d'AS ou un nom de domaine. Pour une IP, le Whois donne l'organisation titulaire du bloc, la plage CIDR, l'AS, le pays et le contact abuse ; pour un domaine, le titulaire, le registrar, les dates et les serveurs DNS. Données des registres officiels, sans inscription.
Exemples : 8.8.8.8 · 1.1.1.1 · 2a01:cb00::1 · AS3215 · whoisip.fr
Une adresse IP n'appartient jamais à un particulier. Elle est attribuée par bloc à un opérateur, à un hébergeur ou à une entreprise, et c'est ce titulaire que le Whois renvoie. Interroger le whois d'une IP (ip to whois, ip address whois) donne le nom du réseau, la plage d'adresses concernée, le pays et la date d'attribution : 8.8.8.8 appartient au bloc GOGL de Google, 90.63.12.1 au réseau IP2000-ADSL-BAS d'Orange en France.
Pour remonter jusqu'à l'abonné qui utilisait cette adresse à un instant donné, seul le fournisseur d'accès détient la correspondance, et il ne la communique que sur réquisition judiciaire. Le Whois s'arrête donc au réseau, jamais à la personne.
Le même champ accepte un nom de domaine. La réponse vient cette fois du registre du domaine, pas d'un registre régional d'adresses : titulaire quand il est public, registrar qui gère le dépôt, dates de création, de dernière modification et d'expiration, serveurs DNS et statuts de verrouillage. Depuis le RGPD, les registres européens masquent la plupart des coordonnées des personnes physiques : un champ vide ne veut pas dire que le domaine est libre.
Who is IP, whois IP ou IP whois : trois façons de demander la même chose, à savoir qui détient le bloc auquel appartient une adresse. La réponse n'a pas exactement la même forme selon le registre qui la donne, mais les champs se correspondent. Voici deux réponses réelles, l'une du RIPE NCC pour une adresse d'Orange, l'autre de l'ARIN pour le DNS public de Google.
| Champ (RIPE / ARIN) | Ce qu'il indique | 90.63.12.1 | 8.8.8.8 |
|---|---|---|---|
| inetnum / NetRange | La plage exacte du bloc | 90.63.8.0 à 90.63.15.255 | 8.8.8.0 à 8.8.8.255 |
| CIDR | La même plage en notation préfixe | 90.63.8.0/21 | 8.8.8.0/24 |
| netname / NetName | Le nom donné au bloc par son titulaire | IP2000-ADSL-BAS | GOGL |
| org / OrgName | L'organisation titulaire | Absente au niveau du bloc ; il est annoncé par l'AS 3215 d'Orange S.A. | Google LLC |
| country | Le pays déclaré pour le bloc | FR | Absent du bloc ; l'ARIN le porte sur l'organisation (US) |
| status / NetType | La nature de l'attribution | ASSIGNED PA | Direct Allocation |
| abuse-c / OrgAbuseEmail | L'adresse pour signaler un abus | gestionip.ft@orange.com | network-abuse@google.com |
| created / RegDate | La date d'enregistrement de l'objet | 31/01/2019 | 28/12/2023 |
| origin (routage) | L'AS qui annonce le bloc sur Internet | AS3215, Orange S.A. | AS15169, Google LLC |
Trois statuts reviennent sans cesse au RIPE NCC. ALLOCATED PA désigne un grand bloc confié à un opérateur pour qu'il le redistribue ; ASSIGNED PA, un sous-bloc que cet opérateur a affecté à un usage ou à un client ; ASSIGNED PI, des adresses attribuées directement à une organisation, qu'elle garde si elle change d'opérateur. L'AS d'origine, lui, ne figure pas dans l'objet Whois du bloc : il vient des tables de routage, et c'est souvent lui qui nomme l'opérateur quand le bloc ne porte qu'un nom technique.
Aucune base mondiale unique ne connaît toutes les adresses. L'IANA répartit les blocs entre cinq registres régionaux, et c'est celui de la zone qui répond. L'outil ci-dessus trouve le bon registre tout seul ; le tableau montre une adresse réelle pour chacun.
| Registre | Zone couverte | Siège | Exemple vérifié |
|---|---|---|---|
| RIPE NCC | Europe, Moyen-Orient, Asie centrale | Amsterdam | 90.63.12.1 : Orange, France |
| ARIN | États-Unis, Canada, une partie des Caraïbes | Chantilly (Virginie) | 8.8.8.8 : Google LLC |
| APNIC | Asie-Pacifique | Brisbane | 1.1.1.1 : APNIC Research and Development, Australie |
| LACNIC | Amérique latine, une partie des Caraïbes | Montevideo | 200.160.2.3 : NIC.br, Brésil |
| AFRINIC | Afrique | Ebène (Maurice) | 41.0.0.1 : Vodacom Business, Afrique du Sud |
Tentatives de connexion répétées sur un serveur, spam, hameçonnage hébergé sur une adresse : le bon destinataire est le contact abuse du bloc, celui que donne la ligne « Contact abuse » du résultat. C'est lui, et non l'adresse générale de l'entreprise, qui traite les signalements. Un message utile tient en quatre éléments : l'adresse IP, la date et l'heure exactes avec le fuseau horaire, ce qui s'est passé, et l'extrait de journal qui le prouve. Sans horodatage précis, l'opérateur ne peut pas retrouver l'abonné qui utilisait l'adresse à ce moment-là.
Pour un contenu illicite, le signalement se fait aussi auprès des autorités, sur la plateforme Pharos (internet-signalement.gouv.fr). Pour un SMS ou un appel indésirable, le 33700. Le Whois sert alors à documenter l'origine, pas à identifier la personne.
Le Whois historique répond en texte libre sur le port 43, dans un format propre à chaque registre. RDAP, normalisé par l'IETF depuis 2015, renvoie les mêmes données en JSON structuré, par HTTPS, avec des redirections automatiques vers le registre compétent. Pour les noms de domaine génériques, l'ICANN a cessé d'exiger le Whois sur le port 43 le 28 janvier 2025 : RDAP est désormais la référence. Les registres régionaux d'adresses IP maintiennent les deux. whoisip.fr interroge RDAP, puis ajoute l'AS d'origine et le préfixe annoncé tirés des données de routage de RIPEstat : c'est ce qui explique qu'un outil qui ne lit que le Whois brut affiche parfois moins de champs.
Au titulaire du bloc auquel elle appartient : un opérateur (Orange, Free, SFR), un hébergeur (OVH, Scaleway) ou une entreprise qui a fait attribuer sa propre plage. Le Whois renvoie ce titulaire, la plage exacte, le pays et la date d'attribution. Il ne renvoie jamais le nom de l'internaute qui utilise l'adresse.
Collez l'adresse dans le champ ci-dessus et lancez l'interrogation. La requête part vers le registre régional compétent, RIPE pour l'Europe, ARIN pour l'Amérique du Nord, APNIC pour l'Asie-Pacifique, par le protocole RDAP qui remplace aujourd'hui le vieux port 43 du whois. La réponse arrive en quelques secondes, sans compte et sans quota.
Un nom de domaine est enregistré auprès d'un registrar : le Whois donne le titulaire, le registrar, les dates de création et d'expiration et les serveurs DNS. Une adresse IP est attribuée par un registre régional : le Whois donne l'opérateur, le nom du réseau, le pays et la plage. Ce sont deux bases distinctes, interrogées ici par le même champ.
Non. Le Whois s'arrête au fournisseur d'accès. La correspondance entre une adresse, une date et un abonné n'existe que dans les journaux de l'opérateur, qui ne les communique que sur réquisition d'une autorité judiciaire. Les services qui promettent un nom et une adresse postale à partir d'une IP vendent une géolocalisation approximative, pas une identité.
Lancez le Whois de l'adresse : la ligne « Contact abuse » donne l'adresse e-mail que le titulaire du bloc a déclarée pour les signalements (attribut abuse-c au RIPE NCC, OrgAbuseEmail à l'ARIN). Pour 8.8.8.8, c'est network-abuse@google.com. Joignez à votre message l'adresse IP, la date et l'heure exactes avec le fuseau horaire, et l'extrait de journal qui montre le problème.
Oui. Une adresse IPv6 se cherche comme une IPv4, dans le même champ. Le bloc renvoyé est en général beaucoup plus large : 2a01:cb00::1 appartient au bloc 2a01:c000::/20, attribué à Orange par le RIPE NCC.
Le Whois donne le pays du titulaire du bloc, pas celui de la machine qui utilise l'adresse. 1.1.1.1 est déclaré en Australie, chez l'APNIC à Brisbane, alors que le résolveur de Cloudflare qui l'utilise répond depuis le centre de données le plus proche de vous. Les services de géolocalisation estiment un emplacement à partir d'autres sources, avec une précision très variable.
Le nom de l'organisation ou du particulier qui a déposé le domaine, quand il est public. Depuis le RGPD, les registres européens masquent une grande partie des coordonnées des personnes physiques.
Création, dernière modification et surtout expiration. Un domaine qui approche de son échéance peut redevenir disponible, ou trahir un projet à l'abandon.
Le registrar chez qui le domaine est géré et les serveurs de noms qui le résolvent. C'est le point de départ de tout diagnostic de panne DNS ou de délivrabilité e-mail.
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