Netlinking : obtenir des liens que Google prend en compte
Le netlinking regroupe les actions menées pour obtenir des liens pointant vers votre site depuis d'autres domaines, dans le but de peser sur son classement. Le mot est une invention française : Google et les outils anglophones parlent de link building, et l'échange ou l'achat de liens relève de ses règles anti-spam.
Netlinking, link building, maillage interne : ne pas confondre
Le netlinking, c'est le travail mené pour qu'un site tiers place un lien vers le vôtre. Le terme est une création du marché francophone. La documentation de Google, elle, parle de link building et, quand la pratique dérape, de « systèmes de liens ». Si vous cherchez le mot netlinking dans Search Central, vous ne le trouverez pas : cherchez « link spam » ou « systèmes de liens ».
La confusion la plus fréquente porte sur le maillage interne. Un lien interne relie deux pages du même domaine, vous le décidez seul, il coûte trente secondes et sert surtout à distribuer la popularité déjà acquise et à guider l'exploration. Un backlink vient d'un domaine que vous ne contrôlez pas : il faut le mériter, le négocier ou le payer. Les deux se travaillent, mais l'un est un chantier d'architecture, l'autre un chantier de relations.
Autre glissement courant : un lien sortant depuis votre site vers un tiers n'est pas du netlinking pour vous. Il l'est pour le destinataire.
Ce qu’un lien transmet réellement
Le modèle d'origine est le PageRank, décrit en 1998 par Sergey Brin et Larry Page dans « The Anatomy of a Large-Scale Hypertextual Web Search Engine ». Une page répartit sa popularité entre ses liens sortants, avec un facteur d'amortissement fixé à 0,85 dans la formule publiée. Conséquence pratique : un lien posé dans une page qui en compte 200 autres pèse mécaniquement moins qu'un lien dans une page qui en compte quatre. L'algorithme réel de Google a beaucoup changé depuis, mais cette logique de dilution reste observable.
Le second signal, c'est l'ancre, autrement dit le texte cliquable. Une ancre « voir l'outil de diagnostic réseau » décrit la page de destination ; une ancre « cliquez ici » ne décrit rien. À l'inverse, cent liens portant exactement la même ancre commerciale forment un motif que les filtres anti-spam repèrent sans difficulté.
Depuis 2005, un attribut peut désactiver ou nuancer cette transmission. Google a précisé en septembre 2019 que ces valeurs deviennent des indications plutôt que des directives : pour le classement dès le 10 septembre 2019, pour l'exploration et l'indexation depuis le 1er mars 2020.
| Attribut rel | Apparu | Ce que Google en fait |
|---|---|---|
| aucun attribut | origine | Lien suivi, ancre et popularité prises en compte |
| nofollow | janvier 2005 | Non-endossement ; traité comme une indication depuis 2019-2020 |
| sponsored | septembre 2019 | Lien payé ou compensé : achat d'article, affiliation, partenariat |
| ugc | septembre 2019 | Contenu déposé par les visiteurs : commentaires, forums, profils |
Vérifier un backlink avant de le payer
Un lien facturé 250 euros peut ne rien transmettre du tout, et l'éditeur n'aura pas menti : il aura bien publié l'article. La vérification tient en une commande sur le code source brut, celui que Googlebot reçoit avant tout rendu JavaScript.
curl -sL https://exemple.fr/article-partenaire | grep -o ']*votresite.fr[^>]*>'
Si la sortie est vide alors que le lien est visible dans votre navigateur, il est injecté par un script ou par une bannière de consentement. Googlebot exécute bien le JavaScript, mais avec un délai et un taux d'échec qui rendent le lien peu fiable. Si la sortie affiche rel="sponsored" ou rel="nofollow", vous avez acheté de la visibilité et du trafic, pas un signal de classement.
Un cas de panne vu souvent : le lien est parfait, l'article est en ligne, la page renvoie bien un 200. Sauf qu'elle vit dans un répertoire /partenaires/ que le robots.txt du site interdit. Google n'explore jamais la page, donc ne voit jamais le lien. Testez toujours l'URL exacte de la page qui porte le lien, pas la page d'accueil du site.
- Code HTTP de la page porteuse : un 200, pas une chaîne de redirections (Google documente une limite de 10 sauts par tentative d'exploration)
- Présence du lien dans le HTML brut renvoyé par curl, pas seulement dans le DOM affiché
- Valeur de l'attribut rel sur la balise
- Absence de noindex sur la page porteuse : Google a indiqué qu'une page maintenue en noindex finit par voir ses liens ignorés
- Chemin de la page autorisé dans le robots.txt du domaine
- Page réellement accessible depuis la navigation du site, et pas orpheline dans un coin sans lien entrant
Les scores vendus par les outils ne sont pas ceux de Google
Le marché s'échange sur des notes sur 100 qu'aucune n'est produite par Google. Chaque éditeur crawle le web avec ses propres robots, sur un index partiel, et applique une formule qu'il ne publie pas. Deux outils peuvent noter le même domaine 18 et 47.
Ces indicateurs restent utiles pour trier vite un lot de 300 domaines proposés par un revendeur, à condition de savoir ce qu'ils mesurent. Ils sont aussi les plus faciles à gonfler artificiellement : un domaine expiré arrosé de liens depuis un réseau affichera un Trust Flow flatteur pendant quelques mois.
| Indicateur | Éditeur | Échelle | Ce qu'il approche |
|---|---|---|---|
| Trust Flow | Majestic | 0 à 100 | Proximité avec un noyau de sites jugés fiables |
| Citation Flow | Majestic | 0 à 100 | Volume de liens, sans jugement de qualité |
| Domain Authority | Moz | 0 à 100 | Probabilité de classement estimée par un modèle Moz |
| Domain Rating | Ahrefs | 0 à 100 | Force du profil de liens dans l'index Ahrefs |
Ce que Google fait des liens artificiels
Penguin, déployé le 24 avril 2012, a été le premier filtre public visant les profils de liens manipulés. Sa version 4.0, en septembre 2016, l'a intégré à l'algorithme principal : mise à jour en continu, et action ciblée sur les pages concernées plutôt que sur le site entier. La mise à jour link spam de décembre 2022 a ajouté SpamBrain, présenté par Google comme neutralisant le crédit transmis par les liens détectés.
Deux issues très différentes, donc. Soit la neutralisation silencieuse : les liens cessent de compter, vous ne recevez aucune notification, et le budget est perdu sans que rien ne vous l'annonce. Soit l'action manuelle « Liens artificiels vers votre site », visible dans le rapport dédié de la Search Console, qui exige un nettoyage et une demande de réexamen.
L'outil de désaveu existe depuis le 16 octobre 2012. Google répète que la grande majorité des sites n'en a pas besoin, et un fichier mal construit retire du crédit à des liens sains. Réservez-le aux cas documentés : action manuelle en cours, ou campagne de liens hostiles dont vous avez la trace dans vos rapports.
Questions fréquentes
Combien de backlinks faut-il pour se positionner ?
Aucun seuil n'existe, et personne hors de Google ne peut le calculer. La seule approche mesurable consiste à relever, avec un outil de backlinks, le nombre de domaines référents des cinq pages déjà classées sur votre requête, puis à situer la vôtre. Sur une requête locale peu disputée, dix domaines suffisent parfois ; sur une requête commerciale nationale, les pages en tête en comptent souvent plusieurs centaines.
Un lien en nofollow sert-il à quelque chose ?
Il ne transmet pas le même signal qu'un lien suivi, mais il envoie des visiteurs réels et il fait connaître votre nom. Un lien depuis Wikipédia ou depuis un média, tous deux généralement en nofollow, apporte du trafic direct et souvent des reprises ailleurs, elles suivies. Depuis 2019, Google traite en plus le nofollow comme une indication, ce qui laisse la porte entrouverte.
Acheter un lien est-il sanctionné ?
Payer pour un lien suivi contrevient aux règles de Google sur le spam de liens. La sortie propre existe : marquer le lien en rel="sponsored" ou nofollow, ce qui le rend conforme et lui retire par construction toute valeur de classement. C'est exactement le sens de la règle. Beaucoup d'achats d'articles sponsorisés se font sans ce marquage, avec le risque de neutralisation ou d'action manuelle qui va avec.
Netlinking et maillage interne, c’est le même travail ?
Non. Le maillage interne relie vos propres pages entre elles : vous le contrôlez à 100 %, il répartit la popularité existante et facilite l'exploration. Le netlinking va chercher des liens sur des domaines tiers, ce qui suppose du contenu digne d'être cité, des relations, ou un budget. On commence en général par le maillage interne, moins coûteux et sans risque.
Faut-il désavouer les liens dits toxiques ?
Rarement. Les scores de toxicité affichés par les outils sont des heuristiques commerciales, pas un verdict de Google. Google indique traiter seul l'immense majorité des liens indésirables. Utilisez le désaveu si vous avez une action manuelle dans la Search Console, ou si vous pouvez documenter une campagne délibérée contre votre site.
Testez vos connaissances
En quelle année l'attribut rel=nofollow a-t-il été introduit ?
Score : 0 sur 3
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